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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 16:04

vendanges_henrimartin.jpgHier on cueillait à l’arbre une dernière pêche,

Et ce matin voici, dans l’aube épaisse et fraîche,

L’automne qui blanchit les coteaux voisins,

Un fin givre a ridé la pourpre des raisins.

Là-bas, voyez-vous poindre, au bout de la montée,

Les ceps aux feuilles d’or, dans la brume argentée ?

L’horizon s’éclaircit en de vagues rougeurs,

Et le soleil levant conduit les vendangeurs.

 

Avec des cris joyeux ils entrent dans la vigne ;

Chacun, dans le sillon que le maître désigne,

Serpe en main, sous l’arbuste a posé son panier.

Honte à qui reste en route et finit le dernier ;

Les rires, les clameurs stimulent sa paresse.

Aussi comme chacun dans sa gaîté se presse !

 

Presque au milieu du champ déjà brille là-bas,

Plus d’un rouge corset entre les échalas.

Voici qu’un lièvre part, on a vu ses oreilles.

La grive au cri perçant fuit et rase les treilles.

Malgré les rires fous, les chants à pleine voix

Tout panier s’est déjà vidé plus d’une fois,

Et bien des chars ployant sous l’heureuse vendange,

Escortés des enfants, sont partis pour la grange.

 

Au pas des taureaux les voilà revenus,

Rapportant tout l’essaim des marmots aux pieds nus.

On descend, et la troupe à grand bruit s’éparpille,

Va des chars aux paniers, revient, saute et grappille,

Près des ceps oubliés se livrent des combats.
Qu’il est doux de les voir si vifs dans leurs ébats,

Préludant par des pleurs à de folles risées,

Tout empourprés du jus des grappes écrasées !

 

La vendange - Victor de Laprade
Illustration Les vendanges - Henri Martin

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 10:18

Le "polar vigneron" est un genre qui se développe ses dernières années. En voici un paru il y a déjà un moment mais que j'ai lu avec facilité et relativement de plaisir, ces derniers jours : A l'aveugle est le premier roman noir de Jean-Charles Chapuzet, journaliste et écrivain passionné par l'univers du vin (il est aussi l'auteur du livre Des nouvelles de Marius Chapoutier ?).
Le personnage principal est un journaliste, ancien taulard, amateur de Côtes-du-Rhône, comme l'auteur... Sa verve, l'intrigue dont on n'imagine pas la chute (une vendange volée sur pieds, directement sur la parcelle), certains personnages dont les noms ont été (très peu) "maquillés" (on reconnaît bien certains vignerons de Cairanne ou le chef Christian Etienne...), les villages où évoluent les personnages, les vins qu'ils dégustent, ces éléments qui semblent familiers à la rhodanienne d'adoption que je suis, tous ces éléments rendent le roman agréable à lire, et même parfois jubilatoire, en dépit de quelques longueurs. Pourquoi le titre ? Le journaliste Hippolyte Lapaque s'improvise détective et traque les "malfaiteurs" en dégustant les vins, jusqu'à reconnaître le vin merveilleux de la-dite parcelle, à l'aveugle... Attention, c'est une lecture qui donne soif !

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 16:41

Un laquais effronté m'apporte un rouge bord,
D'un Auvergnat fumeux qui, mêlé de lignage,
Se vendait, chez Grenet, pour vin de l'Hermitage
Et qui rouge et vermeille, mais fade et doucereux,
N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux.

Nicolas Boileau, in Le repas ridicule, Satire III (1663)

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 17:50

"Bon, alors vous allez me donner un grand grenache avec un grand madère et un grand verre, et puis je vais fumer un grand cigare ! Voilà !"
Hubert alias Louis de Funès*, dans Hibernatus (1969)
*qui signe en partie les dialogues

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 10:41

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver?
- Là-haut, passeront des cygnes;
Là-bas, les blés seront verts

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
- Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

Francis Vielé-Griffin

vigneleversoleil.jpgPhoto prise en voiture, à travers le pare-brise :)

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 10:55

vendangesrouges_vangogh.jpgJe l’ai rencontrée un jour de vendange,
La jupe troussée et le pied mignon ;
Point de guimpe jaune et point de chignon :
L’air d’une bacchante et les yeux d’un ange.
Suspendue au bras d’un doux compagnon,
Je l’ai rencontrée aux champs d’Avignon,
Un jour de vendange.

Je l’ai rencontrée un jour de vendange.
La plaine était morne et le ciel brûlant ;
Elle marchait seule et d’un pas tremblant,
Son regard brillait d’une flamme étrange.
Je frisonne encore en me rappelant
Comme je te vis, cher fantôme blanc,
Un jour de vendange.

Je l’ai rencontrée un jour de vendange,
Et j’en rêve encore presque tous les jours.
Le cercueil était couvert en velours,
Le drap noir avait une double frange.
Les sœurs d’Avignon pleuraient tout autour…
La vigne avait trop de raisins ; l’amour
A fait la vendange.

Trois jours de vendanges - Alphonse Daudet
Illustration Vendanges rouges - Van Gogh

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 08:37

FredericMistral.jpgLe chant de la Coupo Santo est un hymne (on n'applaudit pas en fin de chant), entonné lors de plus d'une manifestation en Provence mais il revêt une importance cruciale lors des événements vineux. On doit le texte à Frédéric Mistral et fait évidemment référence à la coupe sainte christique mais aussi à une coupe ciselée comme gage d'amitié entre deux régions-soeurs : la Provence et la Catalogne.
NB Sur la coupe on peut lire « Record ofert per patricis catalans als félibres provenzals per la hospitalitat al poeta Victos Balaguer – 1867 » (Souvenir offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l’hospitalité donnée au poète catalan Victor Balaguer – 1867)


Refrain :

Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di fort !

 

Les couplets (généralement, on chante les deux premiers et le dernier) :
Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan ;
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plant.

D'un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.

D'uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.

Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.

Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.

Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en diéu.

Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !    

 

Et pour ceusss qui n'entendent pas le provençal...
Coupe sainte
Et débordante
Verse à pleins bords
verse à flots
Les enthousiasmes
Et l'énergie des forts !

Provençaux, voici la coupe
Qui nous vient des Catalans
Tour à tour buvons ensemble
Le vin pur de notre cru.

D'un ancien peuple fier et libre
Nous sommes peut-être la fin ;
Et, si les Félibres tombent
Tombera notre nation.

D'une race qui regerme
Peut-être somme nous les premiers jets ;
De la patrie, peut-être, nous sommes
Les piliers et les chefs.

Verse nous les espérances
et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l'an qui vient.

Verse nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau,
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.

Verse nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c'est elle l'ambroisie
Qui transforme l'homme en Dieu.

Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices
catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble, communions !

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 14:14

“ Mademoiselle,

Il y a quelques jours, une belle fête provençale réunissait presque tous les félibres à Villeneuve, une charmante petite ville aux bords du Rhône, en face d’Avignon. C’était la fête de la Souche ; une vieille coutume patriarcale et touchante, comme tout ce qui vient des aïeux, veut que dès que la vigne pousse on arrache le plus beau cep du pays et qu’on le porte à l’église, où il reçoit la bénédiction du curé.
Cela se fait en grande cérémonie, il y a une procession, des fifres et des tambourins ; la souche est enguirlandée de rubans et de fleurs, et un jeune paysan, en costume du temps de Henri III, la porte sur son épaule. Et puis, de temps en temps, la procession s’arrête, et l’on danse la Danse de la Souche sur un rythme original, et l’on chante une antique complainte, mêlée de français, de provençal et de grec. Si vous me le permettez, Mademoiselle, je vous en donnerai l’air, noté par un de mes amis.
Le soir venu, la souche est brûlée dans un immense feu de joie, et, à la lueur des flammes et des étincelles, commence une farandole sans fin. Chaque ville et village de Provence a ses coutumes traditionnelles, mais celle-ci est assurément l’une des plus jolies et des plus poétiques. Sans doute c’est que le printemps est là avec toutes ses promesses et toutes ses joies ; l’air est doux ; le ciel magnifique ; le rossignol chante dans les haies et le cœur s’ouvre enivré à cette suave influence.
Cette année, les Prieurs de la fête avaient invité les félibres et ils étaient venus à cet appel cordial. Tous les dialectes du Midi étaient représentés. Ah ! Ce sont là de belles et trop rares réunions, où se fait un admirable échange de hautes pensées, de patriotiques projets, où notre amour de la Provence que nous adorons, éclate en strophes ardentes, en chansons spirituelles, en éloquentes improvisations.
Et c’est un admirable spectacle que cette variété d’inspiration dans l’unanime sentiment qui nous exalte. Ce sont de ces choses qu’il est difficile de raconter, comme tout ce qui touche au fond de l’âme et qu’il fait bien meilleur voir et sentir par soi-même,…”

Avignon, 10 mai 1870. Théodore Aubanel.
Correspondance entre le poète et La comtesse du Terrail.

Source : http://fetedesaintmarc.com/

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 07:36

De l'art et du cochon ? L'accord vin & art est le thème choisi par Véronique du Mas Coris qui a créé spécialement un blog pour l'occasion, justement pour ces Vendredis du Vin #45.
Que diriez-vous d'une verticale en la matière (basée sur celle-ci) ? Marier différents vins de Gigondas avec différents tableaux de la série du Minotaure de Pablo Picasso, un trait puissant, viril, sexuel, avec parfois une note martiale ou de tendresse, selon les représentations du maître...minotaure2

Couverture du Minotaure, Pablo Picasso (1933, collage)

Ce minotaure a quelque chose de flamboyant, majestueux, rehaussé d'or et d'argent, il se marie avec un vin solaire, un millésime 2000 par exemple, comme ce Domaine de Piaugier, riche, ample avec une belle sucrosité, un peu giboyeux...verticalegigondas piaugier2000Prochain accord autour du Minotaure :

minotaure1.jpg Dora et le minotaure, Pablo Picasso (1936)

Ce tableau un peu sauvage et érotique, je le marie avec le Domaine Grand Romane 2001, vin gourmand, plein de sensualité et de vigueur.

verticalegigondas amadieu2001

Le minotaure suivant est sauvage, brutal...minotaure4.jpg

Minotaure attaquant une amazone, Pablo Picasso (1933)

Pour l'accompagner, il lui faut un vin puissant, de caractère, aux tanins marqués, comme le Domaine Raspail Ay 2003 aux nez empyreumatique et à la bouche marquée par le cuir et les épices.verticalegigondas raspail2003Pour terminer ces accords vins de Gigondas-Minotaures de Picasso, voici peut-être le plus doux, le plus tendre...

minotaure3Minotaure caressant du mufle la main d'une dormeuse, Pablo Picasso (1933)

En phase avec cette douceur (toute relative), je suggère un Gigondas Perrin Vieilles Vignes 2007, beaucoup de finesse, de légèreté avec une longueur qui confine à la lenteur, celle du dessin du peintre..verticalegigondas perrin2007Pour terminer, ce dessin à côté de laquelle on ne peut évidemment pas passer, du Minotaure buveur...minotaurebuveur.jpg

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 15:02

bernard_sorbier.jpgConnaissez-vous Bernard Sorbier ? Il s'agit d'un auteur-compositeurs-interprète-animateur-comédien, paysan-poète provençal qui met en scène le quotidien rural et vigneron, entre amour et gourmandise, entre le boire et le manger... Mets et vins seront à l'honneur le 27 avril à l'espace Anvis des Coteaux de Visan, à 18h30 ; la représentation sera précédée d'une dégustation de la nouvelle cuvée Visan AnVis bio 2010 (Côtes du Rhône Village Visan A.O.P, issu de raisins de l’Agriculture Biologique).Pour vous mettre en appétit et titiller votre esprit autant que vos papilles, voici qquelques extraits, triés sur le volet :

« A l’issu de ce repas bien arrosé le baiser fut d’un cru assez fameux »

« Les sommeliers sont les interprètes d’une langue étrangère qui s’apprend avec le nez »

« Tous les chemins du dégustateur mènent arôme »

« Verser du vin à une femme, c’est lui servir un bouquet »

(source www.bernardsorbier.fr)
Pour en savoir plus, cliquez ici.

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